Biographie

Biographie

CAILLEAUX Denis

 

 

Biographie commentée

J’ai souvent constaté que je ne savais presque rien de mes collègues, sinon leur humeur du moment, et que ce n’est qu’à l’occasion de rares instants « d’intimité » que je découvrais que nous avions d’autres points communs que notre travail dans les musées ou à l’Université : nous étions mariés, nous avions des enfants de même âge, nous aimions les mêmes paysages, nous avions connu les mêmes expériences… Il est probable que pour beaucoup de mes « contacts » je ne suis, moi-aussi, qu’un CV ou une bibliographie… alors j’ai préféré donner un peu de « chair » à cette notice car les emplois que j’ai occupés, les travaux que j’ai réalisés ou les études que j’ai menées ont souvent été l’occasion de rencontres qui restent vives dans mes souvenirs.

Une notice biographique doit commencer par la date de naissance (Cf. le catalogue web de la BNF Opale Plus pour vérifier si nos collègues sont : 1) toujours vivants ; 2) proches de la retraite…). Donc, je suis né en 1957, le 2 décembre. Comme j’ai peu de notion du temps, j’oublie régulièrement mon anniversaire (et ceux des autres) et je ne connais pas mon âge… mais je sais que le 2 décembre, on commémore la bataille d’Austerlitz et le Coup d’Etat du futur Napoléon III.

 

Je suis de nationalité Française, par naissance et par culture. En réalité, j’accorde plus d’importance aux « racines » et je préfère savoir où les gens ont leurs « attaches ». Pour ma part, je suis très sensible à ma « Petite Patrie » qui est la région de Sens – dans le département de l’Yonne, en Bourgogne (J’en aime l’Histoire, les paysages, les monuments…). Si j’avais aujourd’hui le choix, j’opterais pour un passeport « Européen », qui serait plus conforme à l’environnement familial. En effet, ma femme est née Allemande ; mon beau-père, mon beau-frère, mes nièces et neveux sont toujours de « nationalité Allemande » alors qu’ils vivent en France depuis toujours… Mon autre beau-frère est Hollandais-Canadien ; ma belle-soeur est Iranienne ; mon cousin est marié à une Japonaise ; ma cousine a épousé un Vietnamien ; la cousine allemande de ma femme est mariée à un Portugais (Ils résident aux USA)…

 

Une biographie doit mentionner la situation de famille. Je suis marié avec Kadidja Sinz (qui a toujours conservé son nom de jeune-fille, qui est sa véritable identité et elle n’avait aucune raison de changer son nom pour un autre) et nous avons deux enfants : Alexandre, qui découvre les incertitudes d’un engagement professionnel (et les responsabilité d’un père de famille…) ; et Helena, qui goûte les plaisirs des derniers moments de la vie d’étudiante…

 

Un CV ou une biographie doit aussi indiquer un domicile : là, c’est peut-être plus difficile. Nous habitons (la famille) à Paris (dans le Centre : très agréable, pratique) ; mais j’enseigne à Dijon (où j’ai un logement) et nous possédons une résidence à Sens et nous prenons nos quartiers d’été en Bretagne (Carantec). Ceci explique la question fréquente des correspondants au téléphone : tu es où ?

 

Ma profession actuelle est « Maître de conférences en Histoire de l’art et Archéologie du Moyen Age à l’Université de Bourgogne », mais mon métier est enseignant-chercheur. Une part essentielle de mon temps est consacrée à l’enseignement, à l’Université de Bourgogne à Dijon, mais aussi (autrefois) à Paris comme Chargé de conférences à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales ou comme Chargé de cours à l’Université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne). L’autre part de mon temps professionnel est consacrée à la recherche. Là, je suis plutôt solitaire, mais je suis rattaché à des équipes ou des institutions : l’UMR 5594 de l’UdB-CNRS-CULTURE et le CEM-Auxerre (Centre d’Etudes Médiévales).

 

Ma formation universitaire pourrait se résumer aux diplômes suivants :

– 1994. Thèse de doctorat de l’Université Paris 1 en Histoire de l’art, mention Très honorable, avec les félicitations du Jury.

Mémoire préparé sous la direction du Pr. L. Pressouyre : « L’Œuvre de la Croisée de la cathédrale de Sens: un grand chantier ecclésiastique à la fin du Moyen Age d’après les sources comptables ».

– 1985. Diplôme de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS).

Mémoire préparé sous la direction de Mme O. Chapelot : « Industrie, commerce et artisanat du fer en sénonais et forêt d’Othe. XIIe-XVe siècle ».

– 1983. Maîtrise en Histoire de l’art et archéologie, option Moyen Age, mention Très bien.

Mémoire préparé sous la direction du Pr. L. Pressouyre : « Un chantier de construction à la fin du Moyen Age d’après les comptes des religieux célestins de Sens, 1477-1482 ».

 

Mais une telle liste ne rend pas compte de ma formation, car c’est avec des « gens » que j’ai appris mon métier. Bien avant d’entrer à l’Université, j’avais acquis des bases solides grâce à l’amitié de l’abbé (et maintenant chanoine) Jacques Leviste, à Sens. C’est lui qui m’a appris à étudier un document, à observer un monument et… à citer les références d’une pièce d’archive, d’une source bibliographique. C’est aussi à lui que je dois une part importante de ma bibliothèque « sénonaise » (Je n’ai jamais compris comment on pouvait sérieusement travailler sur des livres « prêtés », lus en bibliothèque ou à disposition pour quelques jours…). L’Université (Paris 1) m’a offert la chance d’autres rencontres. Mes « professeurs » (tous n’avaient pas alors ce titre…) m’ont souvent séduit par leur érudition, leur passion pour l’Art ou l’Archéologie ou tout simplement leur personnalité (Je pense, entre-autres, à Françoise Dumasy, Ernest Will, Jean-Paul Demoule, Alain Schnapp…). Avec d’autres enseignants un lien plus fort s’est noué : nous avions en commun la « passion » du Moyen Age. Léon Pressouyre ou Jean et Odette Chapelot m’ont ouvert de nouveaux horizons, m’invitant à endosser le « costume de chercheur », qui me semblait bien trop grand pour moi.. L’Université a aussi été le temps des rencontres avec d’autres étudiants et, sans modestie, je dois dire que l’équipe du séminaire de Léon Pressouyre était un groupe formidable (comme tout enseignant-chercheur doit rêver d’en réunir un dans sa carrière) réunissant Nicolas Faucherre, François Blary, Quitterie Cazes, Michel Miguet, Marie-Anne Sire…

 

Mon temps à l’Université a aussi été marqué par mes premières expériences professionnelles, comme Vacataire à la BPI du Centre Beaubourg, Stagiaire de la Sous-direction de l’archéologie sur les chantiers de la Croisille-sur-Briance (87. Haute-Vienne)  et de Tours (37. Indre-et-Loire) (1978 – 1979), Chargé d’étude par la Cellule du Patrimoine industriel de l’Inventaire général (1984) et, surtout, comme Chercheur dans l’Equipe d’histoire des techniques, (Paris 1-CNRS) (1984-1988), dirigée par Paul Benoit. La rencontre avec Paul Benoit a été décisive pour mon orientation. Grâce à lui j’ai découvert les sites de Minot, Fontenay, Pampailly… et le domaine de l’Histoire des techniques dont j’ignorais tout. Surtout, je dois à l’amitié de Paul Benoit de précieux conseils pour mon orientation professionnelle, quelques heures de vacations pour survivre et… la confirmation de ma « vocation » de chercheur médiéviste. C’est aussi à Paul Benoit que je dois d’avoir été, pour quelques mois, Ingénieur au CNRS. Le Centre Malher, où est installée l’Equipe d’Histoire des Techniques, a été le lieu de nombreuses rencontres. C’est là que j’ai connu Catherine Verna, Marc Viré… et quelques dizaines d’autres jeunes étudiants devenus des enseignants ou des chercheurs confirmés.

 

Ma thèse inachevée ne me permettant pas de postuler pour un emploi universitaire (qui n’existait d’ailleurs pas…), j’ai choisi de m’orienter vers les Musées. Stagiaire de la Direction des Musées de France pour l’inscription sur la liste d’aptitude aux fonctions de Conservateur des Musées classés (1985), j’ai rejoint le Musée Carnavalet, à Paris, où Bernard de Montgolfier et Jean-Pierre Willesme m’ont initié au monde de la Conservation et à l’organisation des expositions. C’est à la curiosité intellectuelle et au dynamisme contagieux d’Anne-Marie de Brem que je dois d’avoir ensuite rejoint la Maison Renan-Scheffer que nous avons transformé en Musée de la Vie romantique. Là, pendant dix ans (1988 – 1998.), sous des statuts divers, j’ai assumé la fonction de conservateur. C’est à Anne-Marie de Brem que je dois d’avoir pu disposer du temps nécessaire à l’achèvement de ma thèse et la liberté de poursuivre mes engagements d’enseignant comme co-animateur d’un séminaire de l’EHESS avec Odette Chapelot et comme Chargé de cours à l’Université de Paris XIII-Villetaneuse, (1995–1998). Là, d’autres rencontres sympathiques : Jacques Verger, Michelle Gaillard, Jean-Louis Bernard… et des étudiants surprenants, totalement égarés ou d’un dynamiste fantastique…

Ma thèse étant soutenue et la situation de l’emploi universitaire s’étant améliorée, j’ai été élu Maître de conférences en Histoire de l’art et Archéologie du Moyen Age à l’Université de Bourgogne, où j’ai pris mes fonctions en octobre 1998.

 

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